La récolte du rotin

DANS LA FORET TROPICALE

Forêt tropicale Indonésienne à Sumatra
C’est en Indonésie et aux Philippines que l’on trouve une
qualité de rotin optimale.
Ici, nous sommes dans le Nord de Sumatra, en Indonésie.

Le rotin appartient à la famille des palmiers. C’est un bois massif au cœur fibreux qui pousse dans les forêts tropicales de l’Asie du sud-est.
Oubliez tout de même l’image « classique » d’un palmier. Le rotin prend plutôt la forme d’une liane souple qui s’accroche aux arbres de la forêt tropicale primaire grâce à de grandes épines.

On pourrait le comparer à une ronce qu’il faut couper pour se frayer un passage dans la forêt et son aspect à l’état sauvage est même franchement agressif.
Par contre, il est indispensable à l’écosystème tropical car en s’accrochant de branches en branches aux arbres de la forêt (certaines lianes mesurent une centaine de mètres !), c’est un véritable câble de communication entre animaux et végétaux.

Le rotin dans la forêt tropicale

Une liane de rotin entre deux arbres : le bonheur des animaux et des végétaux.

Pour trouver du rotin, il faut s’enfoncer de plus en plus loin dans la forêt tropicale, à plusieurs jours des villes et à des heures de marche des premiers villages qui la bordent.

Après quelques heures de route en goudron, il faut encore traverser des exploitations
de palmiers à huile à perte de vue 
pendant encore quelques heures (la route est un
peu moins praticable à ce moment-là). Arrivés à l’orée de la forêt, on peut encore
utiliser des petites motos ou même des bateaux qui suivent les rivières,
le reste se fait à pied.

LE MÉTIER DE COUPEUR

Dans la forêt, les coupeurs vont sectionner toutes les variétés de rotin qui les entourent sans faire énormément de tri. Ces coupes un peu à l’aveugle servent finalement à nettoyer la forêt pour pouvoir se frayer des passages.

La récolte du rotin dans les années 70 La récolte du rotin aujourd'hui
Un métier manuel qui n'a pas évolué au fil du temps

Les lianes sont coupées en « morceaux » de plusieurs mètres de long, libérées de leurs feuilles et épines, puis transportées vers les villages où elles feront l’objet d’un premier tri qui permettra de rémunérer les coupeurs.
Certaines espèces sont négociées au poids, d’autres à la pièce. Les prix varient sensiblement en fonction de l’offre et de la demande.

Le travail des coupeurs qui récoltent le rotin est très pénible : les longues heures de marche, dans une atmosphère tropicale chaude et humide ; la coupe du rotin qui, même s’il n’est pas le plus lourd, reste tout de même un bois massif (avec des épines !) et le transport des bottes sur plusieurs kilomètres dans un environnement hostile ne font plus beaucoup rêver les jeunes générations. Il faut bien connaître la forêt pour s’y repérer et voir où l’on peut trouver les meilleures lianes des meilleures variétés. Les plus jeunes sont plus facilement attirés par ce que peut offrir la ville où règne la société de consommation, et ses banlieues où le travail dans les industries en plein développement est moins fatigant et surtout plus rémunérateur.

Quand bien même ils voudraient rester dans leur village, les énormes sociétés minières qui exploitent la forêt à grande échelle ou les exploitants agricoles qui déforestent à tout va pour planter des palmiers à huile leur offrent des rémunérations que notre petite filière a du mal à leur égaler.
Le gouvernement comprend les enjeux et sait que ce métier doit être préservé malgré tout pour assurer l’entretien de la forêt, la préservation des espèces et le savoir-faire des hommes qui travaillent dans une filière capable de faire vivre un grand nombre d’habitants. Car tout reste exclusivement manuel et acquis par l’expérience et la transmission orale.

 

LE MÉTIER DE L'ACHETEUR

Le rotin est une matière sauvage, dont le processus de transformation (de la récolte, au tri, jusqu’à la préparation avant la mise en production) est extrêmement long et fastidieux. Il demande une réelle expertise afin de réaliser des meubles solides et durables.
La quantité de mobilier en rotin des années 50 que l’on retrouve encore dans les brocantes est bien la preuve qu’il peut passer les générations.

Il existe plus de 3.000 variétés de rotin dont seulement une centaine pourra servir à la fabrication de mobilier.
Comme pour n’importe quelle espèce de plantes, le terroir influence grandement son aspect. Un rotin de Bornéo n’aura pas le même aspect qu’un rotin de Sumatra. Un rotin coupé jeune aura un aspect doux et lisse avec un cœur tendre et une écorce fine. On pourra l’utiliser pour créer des formes compliquées. Un rotin plus vieux sera plus dense, plus lourd mais son écorce sera plus épaisse et certainement plus abimée par la vie, avec plus de tâches et d’aspérités. Mais il fera une structure de siège extrêmement solide.

Une liane de rotin sans épine Une liane de rotin avec ses feuilles... et ses épines
Le rotin peut être fin et sans épine ou épais, long, très épineux et avec de grandes feuilles

Lorsque l’on sait qu’il faut 20 à 30 ans pour qu’une belle canne épaisse (d’un diamètre de 35 à 40 mm par exemple) arrive à maturité, on comprend assez vite que la fabrication de mobilier en rotin est par essence une activité de petites séries où le temps est un facteur important.

C’est l’expertise de l'acheteur qui va permettre de créer des catégories spécifiques assez précises que le fabricant va choisir de travailler. Chaque liane est triée selon sa provenance, son espèce, sa couleur, son diamètre et sa qualité.

Orchid Edition s’est fixée comme objectif de révéler toute la noblesse du rotin mais également de promouvoir et perpétuer les savoir-faire ancestraux.

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